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jeudi 22 novembre 2018

Faut-il attendre de l'Etat la réponse de fond à la colère des gilets jaunes ?

Pour quelques gouttes de carburant, nos ronds-points s’embrasent. Comparée aux enjeux de notre temps comme le réchauffement climatique ou la montée des haines, la cause des gilets jaunes paraît bien dérisoire. Pourtant je ne peux pas l'ignorer, car elle cache un motif bien plus profond. Deux questions tournent dans ma tête ces derniers jours et me poussent à reprendre la plume :
  • Qu'est-ce qui provoque une telle colère chez un grand nombre de Français habituellement discrets ?
  • Comment pouvons-nous résoudre durablement ses causes profondes ?
Je ne prétends pas connaître la réponse à ces questions, je vous partage ici les réponses qui me viennent. 

Un mode de vie menacé

Je soutiens le gouvernement pour l'alignement des taxes entre essence et diesel (qui me touche également puisque mon métier me met souvent sur la route) et la proposition de primes à la conversion conséquentes (dont je ne pourrais pas bénéficier personnellement), il serait hypocrite de vous laisser penser le contraire. Je suis convaincu que nous avons besoin d'adopter rapidement des véhicules moins polluants et de réduire notre consommation de produits pétroliers. Je crois qu'aucune personne sensée ne contredira ce besoin. Alors pourquoi se battre pour un diesel moins cher ?
Le carburant est une ressource indispensable au mode de vie de nombreux Français. Ils ne peuvent pas ou ne veulent pas vivre près de leur emploi, travailler près de leur domicile. Leur voiture absorbe leurs revenus autant qu'elle les permet. Elle est à la fois un outil de liberté et de servitude. La remplacer impose des sacrifices, s'en passer est exclu.
Alors lorsque l'Etat qui nous a prescrit pendant des décennies le diesel comme un carburant vertueux change subitement d'avis, de nombreux citoyens se sentent trahis et menacés. Peu importent les dispositifs qui accompagneront la transition, la société écologique semble avoir été imaginée par les urbains pour les urbains. La défense du climat et de la qualité de l'air devient une mise en accusation des Français qui ont choisi ou subi un mode de vie indissociable de la voiture.
Je comprends le mouvement des gilets jaunes comme le cri de citoyens qui veulent que la France de demain se construise avec eux plutôt que contre eux. 

Un système absurde

Le comble, c'est que notre logique économique a construit ce mode vie aujourd'hui menacé. L'emploi et le commerce sont concentrés dans des grands ensembles (quartiers d'affaires, zones industrielles, zones commerciales) souvent éloignés les uns des autres. Le logement se renchérit à mesure que les infrastructures (routes, gares ou transports en commun) le rapproche de ces lieux de vie. Le coût de l'immobilier et l'allongement des trajets augmentent notre PIB à mesure qu'ils dégradent notre qualité de vie.
Les zones rurales, qui sont notre patrimoine territorial et alimentaire, se vident à la suite des loisirs, des commerces, des médecins et des services publics partis chercher des populations denses.
Nous devons sortir de la dynamique de concentration des activités et des personnes qui impose des déplacements toujours plus longs. 

Un territoire à soigner

Je crois que la vrai réponse à la colère des gilets jaunes est un aménagement du territoire qui respecte la qualité de vie et l'environnement dans les espaces ruraux et périurbains. Nous devons diminuer notre dépendance au carburant en multipliant les lieux de travail, de consommation, de loisirs et de services au plus près chacun. Nous devons mesurer et réduire les trajets qui s'imposent au quotidien dans leur durée, leur coût et leur impact environnemental. Ce n'est pas seulement la responsabilité de l'Etat, mais celle de nos régions, nos intercommunalités et nos communes.
Alors que l'industrie a compris depuis longtemps que la flexibilité est meilleure que la taille, les services publics restent dans une logique de concentration et d'économies d'échelle. La voiture a façonné un territoire centralisé, nous pouvons façonner avec les technologies de l'information une France de la proximité. 

L'exemple lyonnais

C'est la transformation que je constate depuis plusieurs années dans la Métropole de Lyon. Gérard Collomb a amorcé ce changement par une action simultanée sur l'habitat, les transports et les lieux d'activité.
Après une phase de rattrapage pendant lesquels métro et tramway ont désenclavé des quartiers comme le mien (Gerland), l'extension des transports en commun accompagne et oriente la densification de l'espace urbain. Ils connectent en particulier nos pôles de santé, répartis dans la métropole et proposent des parkings relais à leurs extrémités(vite saturés tant le besoin est grand).
Plusieurs quartiers centraux se transforment pour accueillir une population croissante, par exemple Gerland voit sa population augmenter de 1000 habitants par an. Malgré la pression immobilière, les familles peuvent toujours se loger dans Lyon avec des solutions adaptées à chaque situation.
L'action la plus marquante concerne les espaces d'activités. Des centres de loisirs et de commerces conçus pour les piétons ont vu le jour à Vaise (nord), Vaulx-en-Velin (est) et Confluence (sud-ouest). Les quartiers d'affaires se multiplient autour de ces secteurs. Les parcs et les espaces verts jalonnent la ville, de nombreuses communes de la métropole soignent leur propre centre-ville pour que partout vivent les commerces de proximité.

C'est un travail long et peu visible à court terme, à chaque opération les commentateurs guettent l'échec. Pourtant je suis convaincu que la transformation du territoire doit continuer dans ce sens, pour ramener emploi et services plus près de ceux qui affrontent chaque jour les bouchons aux portes de la ville.
Les régions, responsables du développement économique, de l'aménagement du territoire et des transports, doivent prendre leur part de ce travail. Sans cela, la qualité de vie hors des métropoles continuera de dépendre des cours du pétrole.

vendredi 16 juin 2017

Un candidat, c'est plus qu'une étiquette

En cette campagne de deuxième tour, j'entends candidats et journalistes expliquer qu'une majorité En Marche à l'assemblée donnerait les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. C'est assez amusant quand les mêmes "analystes" nous ont expliqué qu'il ne fallait pas l'élire président car il n'aurait pas de majorité.
Ces gens veulent nous faire croire que les candidats En Marche, faute d'un long parcours dans un vieux parti, sont des béni oui oui incompétents. Certains vont jusqu'à expliquer qu'une chèvre avec l'étiquette En Marche pourrait gagner. Or les enquêtes journalistiques soulignent un réel effort de notre mouvement pour représenter la société et présenter des candidats de qualité.
J'ai participé dans mon quartier à la campagne de Thomas Rudigoz. Je sais que s'il est élu nous aurons un député attaché à Lyon et aux Lyonnais. Je suis heureux de voter pour lui en tant que personne et pas en tant que porte-étiquette.

Notre candidat est né à Lyon. Après un début de carrière dans le journalisme, il s'est impliqué dans la politique lyonnaise auprès d'Anne-Marie Comparini et de Raymond Barre, puis de Gérard Collomb. Dans son parcours il a montré un ancrage loyal au 5e arrondissement dont il est aujourd'hui le maire. J'ai été frappé par son humilité, son écoute et sa curiosité. Le maire et le candidat s'effacent vite derrière le citoyen lyonnais qui s'intéresse aux habitants et aux besoins de sa circonscription. Lorsqu'il se présente aux électeurs, c'est sans s'attendre à être reconnu et avec l'envie de les connaître. Cette attitude me convainc qu'il sera un député à l'écoute et surtout présent pour rendre compte de son action.
Dès notre première discussion à propos de cette campagne, Thomas Rudigoz m'a parlé des valeurs humanistes de notre circonscription. Qu'Emmanuel Marcon gagne ou perde les présidentielles, il voulait que nous soyons représentés par une personne qui porte notre identité d'ouverture, de mixité sociale et culturelle. Il m'a aussi parlé de défendre ses convictions face aux citoyens et face aux intérêts privés, de défendre les lois et les amendements qu'il portera parce qu'il sera persuadé de leur utilité. 

Je crois que nous ne sommes pas uniquement appelés à donner une majorité plus ou moins large à notre Président ce dimanche. Nous avons l'occasion de comparer des personnes avec un parcours, des convictions et des projets. A nous de choisir lequel sera notre voix pour orienter l'avenir de notre pays les 5 prochaines années. Je crois que Thomas Rudigoz est un bon choix, qu'on ait ou pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour des présidentielles.



dimanche 22 novembre 2015

Pourquoi je voterai contre Laurent Wauquiez aux élections régionales

Le ralliement de quelques centristes à Laurent Wauquiez ne représente pas le Modem
Depuis le 11 juillet, Patrick Mignola et un groupe de responsables locaux du Modem ont imposé aux militants un accord qu'ils désapprouvent. Le seul conseil départemental qui a pu s'exprimer avant que l'accord passé avec Laurent Wauquiez soit confirmé dans la presse est celui du Rhône et de la métropole de Lyon. Le 21 juillet, il a réaffirmé à l'unanimité sa volonté de présenter une liste indépendante au premier tour des élections régionales.
Mis devant le fait accompli, les autres conseils départementaux ont été consultés un mois et demi plus tard  sans débat contradictoire, pour entériner une union déjà consommée au Mont Mezenc lors du lancement de campagne de Laurent Wauquiez. Nos instances nationales, dans la même posture, n'ont pu que constater un accord local déjà effectif.
Les responsables départementaux concernés ont abusé des mandats qui leur ont été confiés et confisqué la démocratie interne du Modem. Les médias présentent souvent la liste de Laurent Wauquiez comme LR / UDI / MODEM, mais une grande partie des militants du centre ne le reconnaissent pas comme leur candidat.

Le centre, absent de ces élections, doit se relever
J'ai espéré qu'une liste centriste porte une voix alternative, j'ai même travaillé dans ce sens avec plus d'une centaine de militants du Modem. A la veille du dépôt de liste, nous avons choisi de poursuivre notre chemin sans nous présenter à ces élections. En effet, la présence de membres de notre parti sur les listes de Laurent Wauquiez et Jean-Jacques Queyranne crée trop de confusion pour que nous soyons audibles.
Nous sommes, dans notre parti, collectivement responsables de l'absence d'une liste qui représente nos idées pro-européennes, libérales et humanistes. Le Modem s'affaiblit continuellement depuis sa création. Seule une réforme profonde de nos instances locales permettra d'inverser cette tendance, en remettant notre fonctionnement en phase avec celui de la société civile. Dans l'immédiat c'est en tant qu'observateurs avertis que nous participons aux élections régionales.

Je souhaite la défaite de Laurent Wauquiez
Depuis plusieurs années, ce député-maire s'illustre par des postures extrêmes sur divers sujets. Avec la Droite Sociale, il a fait des bénéficiaires d'aides de l'Etat sa cible prioritaire. Il qualifie l'assistanat de "cancer de la société", suggérant que les chômeurs sont responsables du chômage par un refus de travailler, provoqué par des aides trop élevées. Sa solution pour soutenir le dynamisme économique de la France est donc de plonger les plus fragiles dans la misère.
En ce qui concerne l'Europe, c'est un fédéraliste bien particulier. Il prône en effet le retour à une union limitée à 6 pays et la fin de la libre circulation (espace Schengen). Comment notre région peut-elle espérer rayonner avec un président qui rêve de repli sur soi ?
Pendant sa campagne, il s'est démarqué avec des propositions fortes sur deux thèmes qui n'ont rien à avoir avec les compétences régionales. Pour commencer, il s'est exprimé devant les militants de Sens Commun (organisation issue de La Manif pour tous) pour faire de ses convictions religieuses un argument de campagne. Dans notre démocratie, tout responsable devrait s'engager à défendre tous les citoyens, pas uniquement ceux qui partagent ses croyances. Aucun politicien ne devrait se présenter comme le champion d'une religion, la foi n'est pas une opinion politique.
Ensuite, il s'est jeté sur les journaux nationaux au lendemain des attentats de Paris pour faire valoir ses idées. Il est déjà indécent d'adopter un comportement aussi opportuniste face à un drame national, mais en plus les idées en question sont nauséabondes : enfermer sans jugements ni même délit commis 4000 personnes dans des "centres d'internement". Une décision aussi lourde ouvrirait la voie à un recul progressif de nos libertés fondamentales. Elle s'accompagnerait d'arrestations arbitraires, l'apparition d'un délit d'opinion et la persécution "préventive" d'innocents, qui alimenteraient finalement les tensions et l'insécurité dans notre pays. Accusé dans son propre parti de vouloir créer des "Guantanamo" en France, sa seule défense est que "il n'y aurait pas de torture". (voir la pétition à ce sujet en cliquant ici


En cas de victoire, il fera de notre région le laboratoire et la tribune de ses idées extrêmes, avec des vice-présidents comme Philippe Meunier et Brice Hortefeux. Je souhaite donc que de nombreux électeurs se mobilisent les 6 et 13 décembre pour obtenir la défaite de Laurent Wauquiez.

mardi 25 mars 2014

Mon nom s'efface, mes valeurs s'affirment

Ce soir, j'ai appris que je ne fais plus partie de la liste municipale de Gérard Collomb. J'ai été remplacé par un membre de la liste Europe Écologie Les Verts dans le cadre de la fusion des listes.
Je ne suis ni triste ni déçu.


D'abord parce qu'en contrepartie aucun autre colistier MoDem n'a été impacté. Je pense en particulier à Olivier Barnet, Fouziya Bouzerda et Anne-Sophie Condemine, que j'apprécie et respecte beaucoup, qui restent en position éligible dans ces élections.

Ensuite parce que j'ai vécu cette aventure avec 26 colistiers et de nombreux militants de qualité. Nous partageons l'engagement pour Lyon au delà de nos partis et nous formons un groupe homogène. Ne pas avoir mon nom sur la liste ne change pas les liens que nous avons tissés.

Enfin parce que j'ai été triste et déçu dimanche soir face à l'abstention et au score du FN. Près de 60% des citoyens inscrits ont exprimé du dédain ou du rejet pour la démocratie que je veux préserver. Je redouble mon engagement cette semaine, pour appeler les abstentionnistes à nous venir en aide dimanche. C'est ma priorité immédiate.

Le chemin qui est devant moi est long. Les Ateliers de l'Espoir représentent ce que je veux apporter à la politique, ils n'en sont qu'à leurs premiers pas. 
J'ai aussi beaucoup à apprendre de la ville de Lyon, son 7e arrondissement et sa Métropole. Cette campagne m'a appris que la politique locale demande le sens du détail. 
Les Jeunes Démocrates du Rhône ont une persévérance que je ne vois qu'au centre. Nous avons presque tout à construire pour nous faire une place et gagner le respect des électeurs.


L'aventure continue, elle ne fait même que commencer. Aujourd'hui je suis hors jeu mais si le FN fait moins au second tour qu'au premier, ça aura valu le coup.

jeudi 27 février 2014

Municipales à Lyon : Pourquoi m'engager ?

Pour la première fois, je vais me présenter le 23 mars devant les citoyens pour les élections municipales. Mon nom apparaîtra tout en fin de liste sur le 7e arrondissement. Cela signifie qu'en aucun cas je ne serai élu, à moins que nous obtenions 100% des votes.
Certains sont surpris que j'apporte un soutien sans contrepartie à un candidat qui n'est pas de mon parti. Je veux partager avec vous mon regard sur la politique et sur cette situation et je préciserai pourquoi mon choix se porte sur Gérard Collomb.
Alors pourquoi m'engager dans cette campagne à une place non éligible ?


La vie politique se résume trop souvent à la recherche de postes. Chacun joue des coudes pour obtenir une place au soleil, tout se négocie. Ce fonctionnement fait partie du système démocratique, et il nous est utile. Chaque candidat doit trouver des alliés s'il veut l'emporter, il doit rassembler au-delà de son camp.
Par ailleurs chaque parti a une responsabilité envers les citoyens : les écouter, les représenter et exprimer une position claire. 

J'aime particulièrement la démocratie locale. Je ne me suis pas engagé en politique pour rendre ma vie meilleure,  mais pour améliorer celle de toute la communauté. J'ai envisagé de laisser passer les municipales, j'ai beaucoup d'autres choses à faire. Mais je ne peux pas traiter avec dédain une élection si importante.

Le MoDem a choisi de ne pas présenter une liste indépendante, car cela n'aurait pas servi les intérêts de la ville. Ce n'était pas le meilleur moyen de faire gagner nos idées. Nous devions trouver la bonne manière de servir nos citoyens pour les six prochaines années.
J'ai donc interrogé tout mon entourage et des citoyens rencontrés dans la rue sur leur perception du maire sortant. Ils sont satisfaits, Lyon est dynamique, agréable à vivre, bien gérée. Les reproches faits à Gérard Collomb portent sur la gouvernance : il laisse peu de place pour que d'autres acteurs politiques s'épanouissent. François Bayrou a fait plusieurs fois son éloge dans ses livres, il a dit lorsque je l'interrogeais à son sujet qu'une ville comme Lyon a besoin d'un maire qui sache diriger.

Un bon bilan ne me suffisait pas. Le Parti Socialiste est parfois fermé, François Bayrou en a fait les frais. Je me suis rapproché de Fouziya Bouzerda, une élue MoDem qui a rejoint l'équipe de Gérard Collomb car il s'est montré à l'écoute, intéressé par ce que le centre peut apporter à son équipe. D'ailleurs, plusieurs élus du MoDem font partie de la majorité sortante.

Je rejoins donc une équipe compétente, qui représente un rassemblement large. Dans le 7e arrondissement, notre tête de liste, Myriam Picot, est issue de la société civile. Son engagement citoyen, associatif et professionnel en font une candidate de grande valeur.

En ce qui concerne le projet, j'ai comparé les propositions des principales listes. Certains se prétendent du centre : leurs propositions ne sont pas crédibles pour la plupart, et elles ignorent souvent les réalités tant sur la vie quotidienne des Lyonnais que sur les compétences de l'agglomération. A droite, je constate un casting décevant (beaucoup moins humaniste que l'équipe de Gérard Collomb) et des propositions fortes que je ne partage pas du tout, comme creuser une nouvelle ligne de métro en plein centre. Finalement, le discours de la droite se limite souvent aux problèmes nationaux car ils manquent d'arguments locaux.
J'arrive à la conclusion que Gérard Collomb est le meilleur candidat pour Lyon. Il porte les valeurs du centre, son projet est humaniste, il permettra une prospérité mise au service de tous. Sa vision de la ville donne la priorité au bien être des habitants et au "vivre ensemble".


J'ai donc décidé de m'engager dans la campagne. Ce que j'attends en retour, c'est que ma ville soit bien conduite pendant les six prochaines années.

lundi 11 novembre 2013

Le devoir de mémoire et le devoir de paix


Ce lundi, quelques centaines de Lyonnais sont venus assister à la célébration de l' armistice signé il y a 95 ans. Cette commémoration est présidée par Gérard Colomb et Jean-François Carrenco.
Les officiels

4 ans de guerre, une promesse "plus jamais ça" qui n'a pas été tenue, une grande réconciliation européenne plus tard, cette tragédie semble bien loin de nous.
Pourtant le public est jeune, des enfants accompagnent la cérémonie de leurs chants. Les parents sont venus avec leurs enfants pour que leur génération n'oublie pas. C'est qu'il n'est pas uniquement question de notre passé, de notre histoire.
La chorale d'enfants

L'Europe est à nouveau troublée,  secouée par la crise, fragilisée par la montée des extrémismes. La paix est considérée par les nations européennes comme un acquis. Je voudrais poser une question que beaucoup balaient comme une absurdité : que se passera-t-il si l'extrême droite et l'extrême gauche arrivent au pouvoir dans deux pays voisins ?
Les discours

En France, l'Union Européenne est accusée de tous nos maux, les élections de l'année prochaine risquent de battre un record d'abstention, l'extrême droite risque d'entrer en force au parlement européen. 2014 pourrait être une nouvelle année funeste.
La paix, comme l'amour dans un mariage, doit être entretenue à chaque instant pour durer. Elle est la condition pour un avenir meilleur, elle nous renforce et nous protège.

La remise de médailles

Le chômage, la précarité, la peur de l'avenir, la dette accablante, le système social en déficit, ces problèmes  sont communs à tous les peuples européens. Nous pourrons les résoudre tous si nous restons unis, si le pragmatisme prévaut sur les idéologies.
Nous avons hérité d'une Europe unie, au prix de millions de morts. Quel prix  devons nous payer pour la préserver ? L'espoir et le vote. C'est en mai 2014 que nous devrons honorer notre devoir de mémoire.

Je conclurai ainsi :
Aux urnes citoyens,
Sauvez vos élections.


vendredi 23 août 2013

La transformation de Confluence : succès ou échec ?

Depuis l'ouverture du centre commercial de Confluence, de nombreux Lyonnais m'ont interrogé sur ce projet. Avec la faible fréquentation de l'hypermarché, les difficultés ou le départ de certaines enseignes, nous sommes en droit de vouloir un premier bilan assez binaire : succès ou échec ?

Le pôle tertiaire de Confluence : une première étape

Ce qui limite notre compréhension de ce projet, c'est la distance qui nous sépare de son achèvement. Le quartier qui va de la gare de Perrache à la jonction entre la Saone et le Rhône est en cours de réhabilitation. Comme à son habitude, l'équipe municipale commence les transformations urbaines par l'implantation de bureaux et de commerces. Ainsi plusieurs grandes entreprises se sont installées dans cette zone enclavée (par exemple Le Progrès, Euronews, GDF SUEZ). Les restaurants et les bars chics se sont multipliés et un grand complexe commercial a poussé au milieu. 
Toutes ces activités sont en décallage avec la population sur place (30 000 habitants dans le 2e arrondissement). Il est donc plutôt légitime que la fréquentation des commerces soit en dessous de ce que nous appellerions un succès.

La naissance d'un nouveau centre de gravité à Lyon

La suite se joue sur deux plans : les transports en commun et la phase 2 du projet sur la presqu'île. 
Avec le prolongement du tramway T1 jusqu'à Debourg (Gerland) par le pont Raymond Barre et du métro B de Gerland à Oullins, près de 90 000 habitants supplémentaires pourront accéder rapidement à cet espace urbain. La rénovation est aussi en cours dans ces quartiers, avec une forte composante résidentielle. Nous voyons donc ce dessiner une ville dans la ville avec Confluence et Debourg comme centres de gravité.
Plus proche encore des activités déjà installées, il reste de vastes friches qui vont être aménagées. Une part importante de cet espace sera dédié au logement. 
Une logique se dégage donc : la première étape consistait à rendre le quartier attractif, la seconde sera d'accroître la population. Les commerces implantés dans cette zone doivent donc avoir la clientèle nécessaire pour tenir jusqu'aux étapes suivantes du projet. 

Les perspectives qui s'ouvrent au sud-ouest

Dans une agglomération qui semble condamnée à s'étendre à l'est, le projet de Confluence est particulièrement intéressant. Les gares de Perrache et Oullins sont ouvertes sur la Vallée du Gier. Alors que les règles d'urbanisme de notre métropole fixent pour principe le respect de la trame verte (c'est-à-dire ne pas s'étendre sur les surfaces agricoles), les nombreuses friches industrielles qui se trouvent entre Lyon et Saint-Etienne présentent un potentiel intéressant.
Je souhaite, comme les dirigeants de mon parti, que nous développions la production industrielle française. Je reviendrai donc sur les perspectives de la Vallée du Gier. Selon moi, le projet urbain de Confluence ouvre la porte à sa réindustrialisation, il transformera notre métropole d'une manière profonde et positive.

Alors succès ? Il est tôt pour l'affirmer, mais je l'espère !

Pour en savoir plus : http://www.lyon-confluence.fr

dimanche 21 juillet 2013

Une pause musicale

La ville de Lyon et le magasin Bellecour Musique ont eu la bonne idée de placer des pianos en libre-service dans des lieux publics.
Cela permet aux musiciens de régaler les passants par des concerts improvisés. Je trouve que c'est une bonne manière de créer du lien entre les citadins et de partager la culture.
Pour plus de précisions, je vous recommande cet article :
http://lyon.actu.fr/actualite/dix-pianos-libre-service-dans-rues-lyon-72915

Et pour le plaisir, je vous propose d'écouter ce que vous aurez peut-être la chance d'entendre au détour d'une promenade :

dimanche 7 juillet 2013

L'urbanisme du bien-être

J'ai visité aujourd'hui cette étrange construction, sur le pont Alphonse Juin.

A l'intérieur, une exposition que je vous recommande sur l'aménagement des rives de Saône. Vous pourrez y découvrir les projets et même faire une promenade virtuelle sur les prochains tronçons des quais à être aménagés.
Ceux-ci auront vu le jour d'ici aux municipales (heureuse coïncidence, non ?).
Au-delà de l'aspect ludique, cette visite est un bel exemple de ce que j'appelle ici "l'urbanisme du bien-être". Lyon est une ville où il fait bon vivre. Cette qualité est le fruit d'un certain travail et il faut l'entretenir. Dans tous nos projets nous devons garder cette idée présente, car le bonheur tient à de petites choses, et celui des citoyens doit être la priorité du personnel politique.

dimanche 23 juin 2013

Après les délocalisations, la dématérialisation ?


Les fermetures successives de points de vente de produits culturels seraient-elles les prémices d'un séisme de grande ampleur ?

Nous avons déjà vécu un long processus de désertification industrielle, et nous réagissons enfin avec la volonté de produire en France. Nous savons que retrouver les activités et les emplois perdus au cours des dernières décennies sera une tâche de longue haleine. Nous devons pour y parvenir repenser en profondeur le rôle de l'Etat, le fonctionnement de nos administrations et de notre économie, nous devons bâtir une stratégie et une dynamique avec les entrepreneurs, les consommateurs et nos partenaires européens. Le MODEM prône depuis longtemps cette politique d'efforts et de volontarisme, et les années d'inactions nous coûtent très cher en emplois et en dette.

Aujourd'hui un autre danger se profile, il est nécessaire de réagir avant qu'il n'ait privé la France de toute chance de redressement. Les signes avant coureurs sont là : Virgin Megastore dépose le bilan, plusieurs librairies ferment, les autres tirent la sonnette d'alarme. Fidèles à une tradition politique française, certains ministres désignent un coupable à nos malheurs et font de la société Amazon un bouc émissaire.
Le danger auquel nous devons faire face n'est pas un site internet mais un phénomène : la dématérialisation. La production est partie dans d'autres pays, et la vente part dans un monde virtuel. Le drame, c'est que notre économie a tenté de remplir le vide laissé par les délocalisations avec des activités commerciales. La multiplication des centres commerciaux à Lyon en témoigne.  Croire que ce phénomène se limitera aux produits culturels est illusoire. Les vêtements, les chaussures s'achètent couramment sur internet, alors que la nécessité d'essayer avant d'acheter nous paraissait jusqu'ici évidente.

Fidèle à une autre tradition politique française, beaucoup diront que nous ne pouvons rien y faire. Parce que le MODEM croit en la France, nous proposons de faire face au danger et d'en faire une opportunité. Commençons par admettre l'évidence, une transition économique est aussi urgente que la transition énergétique. Celle-ci ne se limitera pas à suivre le mouvement et ouvrir des sites internet pour répondre à ceux qui siphonnent le chiffre d'affaires de nos boutiques. Nous devons faire preuve de créativité et dessiner la relation commerciale de l'avenir. Nous pouvons devenir les précurseurs de l'économie dématérialisée, et en faire une économie ré-humanisée. Les communautés d'utilisateurs, l'aménagement de showrooms, les démarches de co-construction ainsi que toutes les pratiques innovantes de l'économie tertiaire doivent être explorées dans le monde réel.
N'attendons pas que le changement vienne d'une main invisible ou de l'Etat centralisé. Nous proposons de créer à Lyon, dès 2014, un forum pour la transition économique qui réunira commerçants, chercheurs et consultants. Cette structure aura pour mission d'expérimenter de nouvelles formes d'activités commerciales et d'en partager les enseignements sur le territoire de la métropole.