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jeudi 17 septembre 2015

Nous devons accueillir et intégrer les réfugiés

Voici un communiqué de presse donc je suis co-rédacteur. Il a été diffusé lundi 14 septembre par plusieurs conseillers nationaux du Modem.

La haine et l’intolérance ont touché la France au cœur lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, des agents de police et une supérette Hyper Cacher entre le 7 et le 9 janvier de cette année.  Alors que le même extrémisme pousse aujourd’hui des centaines de milliers de familles sur le chemin de l’exil, allons-nous leur fermer nos portes ?

Nous refusons de laisser mourir les victimes de la guerre et nous choisissons de miser sur l’avenir commun que nous pouvons construire avec elles. Nous voulons faire rayonner dans le monde la tolérance et l’humanisme européens qui ont conduit ces familles à se tourner vers nous. Pour cela il n’existe qu’un bon chemin :
Accueillir et intégrer les réfugiés de manière organisée et bienveillante.

Nous tenons pour commencer à rappeler l’article 14 de la convention de Genève de 1951: « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. ». 

Face au drame que ces familles ont vécu dans leurs foyers puis sur les chemins de l’exil, nous ne pouvons pas les maintenir des années durant dans une situation précaire et insalubre, nous ne voulons pas sacrifier l’avenir des enfants qui demandent notre secours. Nous avons trois outils à mobiliser pour répondre à ce défi : l’éducation, l’emploi et la mixité sociale. Voici comment nous souhaitons les mettre en œuvre :
1.       Rien n’est possible sans couvrir les besoins vitaux de ces populations, il faut donc commencer par construire des « villages de réfugiés » préfabriqués pour les loger dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité[1].
2.       La reprise d’une scolarité par les enfants demande un temps d’adaptation. Chaque village devra disposer d’une « école » en charge d’enseigner le Français à tous ses habitants et de préparer les enfants à intégrer notre système éducatif.
3.       Les adultes arrivent avec des compétences, elles devront être évaluées et complétées pour que chacun obtienne un certificat lui permettant d’exercer son métier en France. Tous les réfugiés devront accéder au marché du travail.
4.       Le séjour de chaque famille dans ces villages devra être temporaire. Elles seront accompagnées pour trouver un logement et un emploi en France, pour que chacune subvienne à ses besoins et s’intègre à la société française. La diversité des destinations évitera la formation de ghettos communautaires.

Nous voulons mettre aussi en avant le travail réalisé par les associations. Ce qu’elles font est remarquable. Nous appelons aussi l’ensemble des Français à se mobiliser pour soutenir ces familles qui fuient notre ennemi commun : Daesh.

Nous rappelons que ramener la paix et la sécurité au moyen orient est indispensable, que l’Europe doit prendre ses responsabilités face aux guerres qui font rage à ses portes. Cela ne répondra cependant pas aux besoins immédiats de ceux qui les ont fuies. 

Oui, ces mesures nous demandent un investissement important, mais elles enrichiront notre nation économiquement, socialement et culturellement. Elles nous donneront la plus belle victoire possible contre la terreur, celle de la bienveillance, de l’espoir et de la prospérité.

Démocrates et Citoyens :
Cyrille Isaac-Sibille, Conseiller national Modem du Rhône
Béatrice Doutriaux, Conseillère nationale Modem de l’Isère
Angélique Perinet, Conseillère nationale Modem de Haute Savoie
Pierre Escaich, Conseiller national Modem de l’Allier
Thomas Delpech, Rédacteur pour Démocrates et Citoyens

Jeunes Démocrates :
Jean-Baptiste Legouy, Président des JDEM du Rhône et de la Métropole de Lyon
Emilie Prost, Secrétaire Fédérale des JDEM du Rhône et de la Métropole de Lyon
Fabien Gelato, rédacteur pour les JDEM du Rhône et de la Métropole de Lyon
Alexandre Barbier, Trésorier des JDEM de la Loire
Patrick Gabet-Rougemont, Président des JDEM de l’Ain

[1] Chaque village abriterait au maximum 300 personnes en autogestion partielle (avec des représentants qui seront le point d’entrée des associations et des institutions) ; Un village de préfabriqués (dortoirs + réfectoires) coûterait moins de 1000€ par personne hébergée

lundi 11 novembre 2013

Le devoir de mémoire et le devoir de paix


Ce lundi, quelques centaines de Lyonnais sont venus assister à la célébration de l' armistice signé il y a 95 ans. Cette commémoration est présidée par Gérard Colomb et Jean-François Carrenco.
Les officiels

4 ans de guerre, une promesse "plus jamais ça" qui n'a pas été tenue, une grande réconciliation européenne plus tard, cette tragédie semble bien loin de nous.
Pourtant le public est jeune, des enfants accompagnent la cérémonie de leurs chants. Les parents sont venus avec leurs enfants pour que leur génération n'oublie pas. C'est qu'il n'est pas uniquement question de notre passé, de notre histoire.
La chorale d'enfants

L'Europe est à nouveau troublée,  secouée par la crise, fragilisée par la montée des extrémismes. La paix est considérée par les nations européennes comme un acquis. Je voudrais poser une question que beaucoup balaient comme une absurdité : que se passera-t-il si l'extrême droite et l'extrême gauche arrivent au pouvoir dans deux pays voisins ?
Les discours

En France, l'Union Européenne est accusée de tous nos maux, les élections de l'année prochaine risquent de battre un record d'abstention, l'extrême droite risque d'entrer en force au parlement européen. 2014 pourrait être une nouvelle année funeste.
La paix, comme l'amour dans un mariage, doit être entretenue à chaque instant pour durer. Elle est la condition pour un avenir meilleur, elle nous renforce et nous protège.

La remise de médailles

Le chômage, la précarité, la peur de l'avenir, la dette accablante, le système social en déficit, ces problèmes  sont communs à tous les peuples européens. Nous pourrons les résoudre tous si nous restons unis, si le pragmatisme prévaut sur les idéologies.
Nous avons hérité d'une Europe unie, au prix de millions de morts. Quel prix  devons nous payer pour la préserver ? L'espoir et le vote. C'est en mai 2014 que nous devrons honorer notre devoir de mémoire.

Je conclurai ainsi :
Aux urnes citoyens,
Sauvez vos élections.


samedi 13 juillet 2013

L'Europe et la Nation

Aujourd'hui nous célébrons notre fête nationale. Nous avons choisi pour cela la prise de la Bastille, en 1789. Cette date ne marque pas la naissance de notre nation, qui trouve ses racines dans le peuple gaulois, ni même de la République qui a eu besoin de quelques années de plus pour émerger, et de près d'un siècle pour se stabiliser.
Aujourd'hui nous fêtons un événement représentatif de notre identité nationale. Le 14 juillet 1789, notre peuple a montré que la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle, la justice n'étaient pas que des idées utopiques. Une prison, symbole de l'ancien régime, le seul que la France avait connu pendant des siècles, a été démontée pierre après pierre, et nous célébrons ce jour.

Après plus d'un demi-siècle de construction européenne, alors que l'Union est mise en doute par l'opinion publique, l'équilibre est-il possible entre notre identité nationale et nos projets d'avenir ?

Je veux commencer par éclaircir la différence qui existe entre notre appartenance à la France et à l'Europe.
Notre histoire et notre culture sont nationales. Nous avons une lecture commune des événements, que nous regardons tous comme des victoires ou des tragédies. Nous considérons les personnages historiques qui ont servi les puissances étrangères contre la France comme des traîtres, et ceux qui ont servi notre pays contre le leur comme des amis. Les références que nous partageons sont innombrables, la langue est la principale. Que nous le voulions ou non, nous sommes Français.
Notre relations avec l'Europe, bien que d'une autre nature, est très forte. Au fil des siècles, ce qui touchait l'un de nos pays avait des conséquences directes sur les autres. Les mêmes familles nous ont gouvernés, les mêmes réformes nous ont transformés. Riches de nos identités distinctes, nous avons tissé une histoire commune. Cela fait de nous une civilisation, un ensemble indissociable même lorsque ses composantes se font la guerre.

Notre parcours national nous a conduit à l'union de l'Europe.
Ce n'est d'ailleurs pas nouveau, les Romains, Charlemagne, Napoléon ont voulu y parvenir par la force. Nous avons une leçon à tirer du passé : nous sommes faibles lorsque nous luttons les uns contre les autres, et forts lorsque nous travaillons ensemble. Des précurseurs ont imaginé un système dans lequel nos pays mettent en commun leurs moyens de s'affronter : le charbon et l'acier lorsqu'il était question d'armement, la monnaie et le marché lorsqu'il est question de lutte économique. Avoir cette idée et la mettre en pratique, c'était à nouveau démonter pierre après pierre la prison de la Bastille.

C'est donc forts de notre identité nationale que nous pouvons écrire l'histoire européenne. 
Certains affirment que la France n'est qu'un petit pays et que nous ne pouvons pas nous passer de l'Union Européenne. C'est une tendance bien française à l'auto-flagellation. Demandons nous plutôt si nous voulons perdre encore notre énergie, notre richesse et peut-être notre sang à combattre nos voisins. L'unité de notre civilisation n'est ni une évidence, ni un acquis, ni une obligation, c'est un choix. Nous l'avons fait en tant que nation et je souhaite que nous le fassions encore.
Travailler ensemble, prendre nos décisions en commun, harmoniser nos fonctionnements et unir nos gouvernements dans une structure politique commune ne changera pas notre identité. Nous n'y perdrons pas la liberté de choisir le chemin de notre pays. Au contraire, la crise économique, la dette de l'Etat, l'impuissance des pouvoirs publics nous en privent peu à peu.

L'Europe est une chance pour redresser la France, et si ses institutions ne répondent plus à nos besoins, il faut les changer. En 2014, les élections européennes nous présenterons trois choix que je classe des extrêmes au centre :

  • faire un bond de 60 ans en arrière et détruire l'UE 
  • ne rien faire et attendre que le ras-le-bol des peuples les conduise au choix ci-dessus
  • réformer l'UE pour que son fonctionnement corresponde au projet des précurseurs qui l'ont imaginée


Je crois qu'il est temps de démonter une prison pierre après pierre, c'est celle de notre repli.

lundi 8 juillet 2013

Mon coup de coeur pour le Pape

Il y a quelques jours, j'écrivais pour partager un coup de gueule.
Ce soir le Pape François m'a réchauffé le cœur. A Lampedusa, il nous a appelés à ne pas fermer les yeux sur la souffrance des plus fragiles, qui viennent mourir aux portes de l'Europe.
Ce discours me touche au moment même où beaucoup affirment que nous n'avons pas les moyens d'être généreux, que les pauvres devraient rester loin de nous. Comment l'Europe sortira-t-elle de son marasme avec un comportement mesquin ? La petitesse et le repli peuvent-ils nous ramener la grandeur ?
J'entends bien que charité bien ordonnée commence par soi-même. Mais je ne peux pas accepter cette logique, j'y réponds que prospérité bien ordonnée commence par les pauvres.
J'ai entendu ce matin que la Chine achète une large part de son lait pour enfants en France. Nos exigences de qualité, de protection des plus fragiles l'ont convaincue que nous sommes dignes de confiance. Il faut beaucoup d'audace pour être juste dans des circonstances difficiles, risquer ce qu'on a pour aider celui qui n'a pas. Le mirage des profits, de la compétition sans règles, de la victoire acquise en écrasant les autres est partout. On nous a éduqués comme ça : "soit meilleur que les autres ou tu seras chômeur, pauvre et inutile". Mais regardons où cela nous a mené. Dans quelle société nos parents vit-on maintenant ? Je ne doute pas que nos dirigeants aient fait de leur mieux, mais je constate leur échec.
Il est temps de faire autre chose, ne plus protéger le travailleur contre le chômeur, le citoyen contre l'immigré, la personne âgée contre le jeune. Cela suppose que nous prenions tous des risques : flexibiliser le marché du travail, taxer l'enrichissement plutôt que l'emploi, accueillir les immigrés, éduquer correctement les défavorisés, inventer un modèle social meilleur, protecteur de tous et créateur de prospérité. Le seul moyen de changer le cours de notre histoire, c'est de le faire ensemble plutôt que les uns contre les autres.
Aujourd'hui le Pape nous a montré une direction, le difficile chemin de la justice. Dans les choix de société qui se présenterons à nous dans les années à venir, saurons-nous lui montrer que nous l'avons entendu ?

samedi 29 juin 2013