Libellés

mardi 2 juillet 2013

Marre de la chasse aux Roms !

Ce soir j'ai envie de pousser un coup de gueule.
Je suis passé en tram sur la place Carnot, et au lieu du campement de réfugiés que j'ai l'habitude d'y voir, j'ai découvert des barrières en béton et cinq vigiles. L’écœurement a vite succédé à ma surprise, voici pourquoi.

Début 2012, des familles originaires des Balkans avaient aménagé une sorte de village de tentes sur le parking du centre d'échanges de Perrache. Elles étaient sur un espace inutilisé, ne dégradaient pas les lieux et étaient polies avec les passant. Les parents appelaient fièrement leurs enfants pour leur demander de jouer les interprètes et pouvoir discuter. Puis un jour, ils ont été chassés et des grilles ont encerclé ce lieu destiné à rester vide.
Plus tard, un nouveau village de tentes s'est formé au bord de la place Carnot, collé au centre d'échanges. Le matin, il disparaissait et on remarquait à peine quelques affaires soigneusement rangées contre le mur. Le soir, on pouvait le traverser avec une seule préoccupation : éviter de réveiller les enfants qui dormaient. Tout était calme. Là encore, les familles étaient aimables, souriantes malgré leur situation difficile. Pendant plusieurs mois de passage quotidien je n'ai jamais constaté de nuisance.

Mais la misère dérange. En France, être pauvre est devenu une faute, surtout si on est étranger. J'entends nos représentants se donner bonne conscience en accusant le pays d'origine. Les Roms affirment que même dans la misère, ils préfèrent vivre en France où ils ne sont pas maltraités. Propos surprenant quand on voit comment nos autorités les harcèlent. Alors croire au retour n'est rien d'autre que la politique de l'autruche. Et justifier cette attitude par la montée du Front National, c'est nous prendre pour des imbéciles.

Il existe une autre méthode, expérimentée avec succès à Lyon : l'accompagnement à l'intégration.
L'Etat ne peut certainement pas aider tout le monde, les associations jouent d'ailleurs un rôle crucial. Mais les autorités publiques sapent le travail de celles-ci en évacuant des familles aux frais des contribuables pour libérer le paysage (ruiné d'ailleurs par des bordures en béton).
Si on n'est pas capable d'aider les plus pauvres, ne peut-on pas au moins les laisser vivre ?